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PFAS : Le traitement des eaux industrielles face à la nouvelle loi et aux défis technologiques

La présence de substances per- et polyfluoroalkylées, plus communément appelées PFAS ou « polluants éternels », dans les eaux usées industrielles est devenue un sujet de préoccupation majeure. Avec l’adoption définitive par l’Assemblée nationale, le 20 février 2025, de la loi visant à limiter la fabrication et la vente de produits contenant des PFAS, les industriels sont désormais confrontés à des défis techniques et financiers considérables. Décryptage.

Une nouvelle loi qui change la donne

Cette loi adoptée marque un tournant dans la gestion des PFAS en France. En plus de limiter l’utilisation de ces substances dans certains produits de consommation courante, elle prévoit plusieurs mesures clés pour les industriels :

  • Cartographie des sites émetteurs : Le ministre chargé de la prévention des risques établira une carte recensant tous les sites ayant émis ou émettant des PFAS, ainsi que les quantités émises dans l’environnement.
  • Principe du « pollueur-payeur » : Une taxe de 100 euros par 100 grammes de PFAS rejetés sera imposée aux entreprises concernées à partir du 1er janvier 2026. Cette redevance sera versée aux agences de l’eau pour financer des procédés de traitement de l’eau.
  • Objectif d’élimination totale : La loi prescrit la détermination d’une trajectoire nationale de réduction progressive de la présence de PFAS dans les rejets aqueux des installations industrielles, avec un objectif d’élimination totale dans les cinq ans suivant la promulgation de la loi.

Des défis techniques et financiers

La particularité des PFAS réside dans leur résistance aux méthodes de traitement de l’eau conventionnelles. Pour les industriels, cela se traduit par la nécessité d’investir dans des solutions spécifiques, souvent coûteuses et complexes à mettre en œuvre.

Actuellement, les deux solutions techniques les plus éprouvées pour l’élimination des PFAS dans les eaux usées industrielles sont :

  • Le charbon actif : Cette méthode, largement répandue et relativement simple à mettre en œuvre, est efficace pour de nombreux types de PFAS. Cependant, elle est moins performante pour les composés à chaînes courtes comme l’acide trifluoroacétique (TFA). De plus, elle génère des déchets contaminés qui nécessitent une gestion spécifique.
    • Avantages : Méthode largement répandue et éprouvée, efficacité pour de nombreux types de PFAS, simplicité d’exploitation, faible investissement.
    • Inconvénients : Moins efficace pour les PFAS à chaîne courte, gestion du charbon actif contaminé, coût d’exploitation élevé.
  • L’osmose inverse : Cette technique, plus coûteuse et énergivore, est très efficace pour éliminer presque tous les contaminants, y compris les PFAS à chaînes courtes et longues. Elle est capable de traiter tout type d’eau contaminée.
    • Avantages : Très efficace pour éliminer presque tous les contaminants, y compris les PFAS à chaîne courte et longue, capable de traiter tout type d’eau contaminée par les PFAS.
    • Inconvénients : Risque d’encrassement des membranes, génère des saumures concentrées à gérer, consommation électrique importante, coût d’exploitation élevé.

Il est important de souligner que ces deux solutions sont des traitements dits de finition, qui nécessitent des étapes de prétraitement et de traitement en amont. Cela peut alourdir considérablement les coûts de construction et d’exploitation si ces traitements ne sont pas déjà en place sur le site industriel.

Le choix de la méthode la plus appropriée dépendra donc de plusieurs facteurs, tels que le type et la concentration des PFAS présents, ainsi que les caractéristiques spécifiques de l’eau à traiter.

En attendant, la recherche continue d’explorer d’autres pistes prometteuses pour l’élimination des PFAS, ouvrant la voie à des solutions plus efficaces et durables.

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